Algérie

-LE GRAND POÈTE IBN KHAMIS




-LE GRAND POÈTE IBN KHAMIS
TLEMCEN remémore l’œuvre du célèbre poète Ibn Khamis.
Une rencontre poétique sur Ibn Khamis a été organisée durant les journées du mardi et mercredi à la maison de la culture Abdelkader Alloula par la direction de la culture et l’association Abaâd de Tlemcen, en présence d’un représentant du ministère de la culture et conseiller de la ministre.
Durant ces journées, chercheurs, poètes et amoureux de la poésie étaient présents pour écouter le poète qui est l’âme de la société avec toutes ses sensations et le sens de la vie, le rêve n’a plus de port, le magicien qui transcende le temps et l’espace.
Et surtout de débattre l’oubli de ce poète, de l’avenir de la poésie en Algérie et de sentir le printemps, de la présentation d’un montage poétique du groupe de théâtre El ‘Afssa de Tlemcen qui a été longtemps ovationné, une projection vidéo documentaire de M. Baghli ingénieur consultant en patrimoine immatériel dont ci joint la copie du dit document qui a été distribué aux participants.
Tout un cocktail d’activités bien préparé par les organisateurs et poètes qui ont mis en exergue de redécouvrir le sens de la vie et l’œuvre d’Ibn Khamis et de réécouter ses trois poèmes célèbres sur Tlemcen.
Ibn Khamis ( 650-708 h / 1252-1308 JC) entre les intrigues du Méchouar de Tlemcen et ceux du Palais de Grenade.
Enfance à Tlemencen :
Ibn Khamis naquit à Tlemcen en 650h/1252 j.c, d’origine Himrai puis Hajri, puis ru’yani enfin Tilimsani.
Il connut la pauvreté et habita « une chambre avec comme literie des peaux de mouton ».
Il se repentit plus tard dans ses poèmes des plaisirs auxquels, il s’est adonné durant sa jeunesse.
Il reçut cependant une formation des plus poussées à Tlemcen qui comptait à son époque d illustres savants dont Abu Ishaq Ibrahîm et Tenessi qui fût le maître de tous les savants du 7ème siècle hégirien/13ème siècle Chrétien. Abu ishaq El Tenessi mourut en 679 h /1261 jc et repose à El Eubad.
Yaghmorassen assistait à ses cours à la Grande Mosquée de Tlemcen et lui fit construire tout près une Médersa qui fut inaugurée sous le règne de Abi Said Uthman 1er ben Ziyyan qui succéda à Yaghmorassen en 681 h / 1283 jc. dira Mohamed Baghli Ingénieur consultant en patrimoine immatériel.
A l’époque oû en occident, devant chaque église se dressait une potence, et que se développaient des chroniques sur la jacquerie et les scènes féodales, Ibn khamis apparaît comme le prototype de l’intellectuel du 13ème siècle en occident musulman.
Tlemcen prenait alors des allures comme une des villes les plus policées et les plus civilisées du monde.
En pénétrant ses poèmes nous rencontrons des noms propres et des vocables rares qui révèlent une culture surprenante chez un Tlemcenien de cette époque, de condition modeste.
Les récits de l’antiquité arabe, persane et gréco romaine forment chez lui comme une toile de fond sur laquelle, il compose ses pièces : Hermès, Socrate, Alfarabi, Alsuhrawadi, Sayfb.di yazan, Amr b.hind, Nûman, Imrû il Kays et tant d’autres forment la galerie de célébrités.
Au Palais du Méchouar :
Le Méchouar était l’espace ou le cheval étalon était élevé et ou les caravanes trouvaient montures fraîches pour les expéditions soit vers l’Est soit vers l’ouest soit vers l’Andalousie soit enfin vers le Grand Sud
Certains orientalistes nous ont définis le Méchouar comme « le lieu ou se tient le Conseil, ainsi nommé par ce que c’était le lieu de réunion des Ministres . Ce nom éxistait avant que Yaghmurassen ne déplace le siège de son royaume du Palais de Tagrart à l’Ouest de la Grande Mosquée vers le « Méchouar » ou il éleva « Dar el mulk » au milieu des jardins de fleurs , de citronniers, d’orangers et de nombreuses fontaines.
Ibn khamis fut nommé en 681 h/1282 jc au poste de Secrétaire Particulier du Sultan Abou Said Otmane ler ben YaghmUrâssen ( 681-703 h/ 1286-1307 jc ).
En 688 h/1289 j.c une relation d’Al-bdari’ le trouve dans la gêne au Méchouar.
Les Banû yaghmûr semaient auprès du staff du Méchouar calomnies, ragots et rumeurs suspectes.
En 698-h /1299 JC Tlemcen est assiégée par le Mérinide Abou Yacoub Tousuf, et le siège durera cent mois, jusqu’a l’assassinat de l’assiégeant.
Ibn Khamis quitte Tlemcen :
Ibn Khamis quitte Tlemcen à la suite d’une tentative de meurtre dont il aurait été victime et dont serait responsable un groupe de pression au sein du pouvoir en place qui lui faisait reprocher d’être partisan d’une reddition de la cité.
Ses poèmes s’attaquent à Banû Yaghmûr qui ont tenté de le faire assassiner et qui sont pour lui les tyrans orgueilleux, impitoyables, vils.
Il les considère comme responsable de son exil lointain de sa patrie meurtrie par l’anarchie , il les rend responsables d’avoir ‘aliéné son loyalisme à vil prix’.
Ibn Khamis à Ceuta :
Il essaye de se fixer comme enseignant mais ses propres auditeurs sont manœuvrés par un de ses rivaux Ibn Abi er-Rabi dès son arrivée à Ceuta. Ahmed Al-Maqqari Et Tilimsâni nous décrit dans son Azhâr Er-Riyyâd ‘Iyyâd ( tome 2 pa.297-301) la scène des petits écoliers harcelant Ibn Khamis des 10 questions de morphologie verbale de formes dérivées à racines comportant en troisième radicale une semi voyelle défectueuse en grammaire arabe. La forme taghzûna revenait sur trois questions ; la forme ‘takhshayna’ revenait en deux fois, la forme ‘tarmina’ deux fois aussi, et les formes ‘tamhîna tamhûna’ tamhayna et tamhiyâni ou tamhuwâni revenant dans les trois dernières questions. Quel exercice pour nos brillants éléments en grammaire arabe de nos universités ! Ibn Khamis a considéré ces dix questions d’un niveau élémentaire, lui qui maîtrisait toute la littérature arabe dans ses recoins linguistiques et poétiques.
Ibn Khamis se rend alors à Algésiras puis à Malaga et enfin à Grenade en 703 H/ 1304 J.C ou il retrouve le vizir Ibn Al Hakim qui lui avait rendu visite à Tlemcen lors de son retour d’un voyage en Orient. Il lui façonne de ses propres mains un broc en cire sur les bords duquel il sculpte deux vers de circonstance que l’histoire a retenu : je n’étais qu’une fleur dans un jardin et me souriait les rieuses ailées. Je fus transformée d’état en état et voila que j’embrasse les bouches des grands souverains ! Ce vase fut la curiosité du Palais de Grenade pour toute une époque.
En 706 h / 1306 JC. Ibn Khamis décide de repartir en pérégrinations en Andalousie. Ibn Al Hâkim voulut le retenir, mais Ibn khamis eût cette répartie :’ je suis, dit il comme le sang ; je me mets en mouvement à chaque printemps ‘. Il retourna en visite à Malaga, puis se rendit à Almeria. N’oubliant jamais Tlemcen, il songe à y retourner.
Mais un matin de l’Aîd Es seghir 708h / 1309 JC. , il est surprit dans sa demeure à Grenade et un certain ‘Ali Al-Abkam le gratifie d’un coup de lance qui met fin à ses jours. Le mobile de ce meurtre réside dans ses rapports avec Ibn Al Hâkim qui, le même jour, a subi le même sort. Cette émeute était consécutive à un coup d’état provoqué par Abou-Jouyoush Nasr Ben Mohamed qui démit Mohamed III dit al-Makhlû’ du royaume qu’il occupait depuis 701 h / 1302 j.c. ajoutera m.Baghli ingénieur consultant en patrimoine immatériel dans sa communication.
Trois poèmes immortalisent la spécificité de l’environnement de Tlemcen. Et Tlemcen a vécu des moments poétiques agréables.



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